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LE CINEMA ET LA REVOLUTION NUMERIQUE

Festival Européen des 4 Ecrans
Ce qui s'est dit à l'université de l'image

 

 

Avec :
Sophie Dacbert (modératrice) Le Film Français,
Jean-Robert Gibard Directeur Général Quinta Industries,
Matt Hanson Producteur anglais,
Marin Karmitz Président Directeur Général MK2,
Stefan Schneider réalisateur de Armageddon the longest night, Serge Toubiana, Directeur Général Cinémathèque française.

 

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•Quel impact la révolution numérique a t-elle sur la chaîne du cinéma ?
Marin Karmitz relativise les conséquences de l’arrivée du numérique, même s’il engendre des coûts de production moindres, il remarque qu’habituellement les « révolutions » marquent des changements profonds. Sans l’arrivée de techniques nouvelles, favorisant de nouveaux modes de prise de son ou de lumière, la Nouvelle Vague n’aurait par exemple pas vu le jour en France. Aujourd’hui, malgré l’arrivée du numérique, aucun changement profond dans l’écriture et la mise-en-scène n’est encore visible. Quel est l’intérêt du numérique et quels sont les changements réels qu’il engendre ?



•La révolution numérique est à mi-chemin et « pourrait être avortée ». (Marin Karmitz)

Serge Toubiana minimise à son tour les effets du numérique sur la création et le cinéma d’auteur. Sa mission est de numériser le patrimoine cinématographique. Le numérique est une facilité de production et de distribution. Il ne modifie en rien le sens et la création.



•Un nouveau modèle économique.

L’entrée du numérique dans les salles de cinéma provoque une forte modification du modèle économique, puisqu’il provoque une diffusion plus large. Jean-Robert Gibard remarque que cette nouvelle économie doit bénéficier du soutien du Ministère de la Culture et du CNC pour trouver un équilibre. La mort de la pellicule représente essentiellement la fin d’un modèle économique. L’essor des nouvelles technologies n’est qu’un moyen et il est désormais urgent de comprendre l’objectif de cette révolution. Selon Jean-Robert Gibard, ce n’est pas le blockbuster qui est en péril, mais toute l’économie actuelle du cinéma. 



•Le numérique comme porteur de projets cinématographiques ?

Avec son film Armageddon, the longest night proposé en compétition au Festival des 4 Ecrans, Stefan Schneider souligne l’importance du numérique dans sa création. A ses yeux, le numérique n’est autre qu’un outil mis au service de l’idée du scenario et permet la réalisation d’effets spéciaux à faibles coûts. Il distingue deux temps : autrefois les effets spéciaux suivaient nécessairement le montage, alors qu’aujourd’hui ces deux temps, au sein de la
réalisation, se jouxtent.

 

 

•Un système novateur de production Web 2.0

L’importance croissante de l’aspect communautaire sur Internet peut changer la donne. Matt Hanson est le créateur de A Swarm of Angels, un projet de production communautaire de films par Internet. Il souhaite adapter le processus du Web 2.0 à la production de films. Le système de collaboration par Internet est ingénieux et rassemble un million de participants à travers toute la toile, ainsi qu’un million de livres. Pour se faire, il existe trois degrés de participation différents : les créateurs, les critiques et la « crowd »(foule) aux profils internationaux. Cinq phases régissent la réalisation du film et l’état d’avancement est accessible directement par Internet. Les risques actuels du marché cinématographique créé, selon Matt Hanson, la « mort du blockbuster ». Lorsque certains fustigent son projet, il rappelle qu’il n’existe pas de hiérarchie entre les différents écrans, maisque le but d’un film est avant tout d’être diffusé. Il faut pour cela trouver le support le plus adapté et c’est ce qui fait le succès des nouveaux écrans aujourd’hui.


La rencontre a fait émerger une nouvelle problématique : numérique et création, une affaire de générations ?  

 

Université de l'image le 28-09-2007
 

 
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